When we discuss patient safety in Cameroon and across Africa, the conversation typically centers on essential pillars: communication, checklists, infection prevention, and data collection. However, there is a major blind spot that is rarely addressed, especially in the field of anesthesia: the technological and clinical engineering dimension. In anesthesia, our work depends largely on the reliability of the equipment, the devices, and their use; yet very little emphasis is placed on this.
I experienced this firsthand in a district hospital. We were using an « anesthesia machine » that dated back to a certain era but « did the job »—meaning it allowed us to achieve the necessary narcosis for general anesthesia. Through the leadership of top management, we were finally able to acquire a more modern machine. However, we still cannot use it because this machine requires the expert opinion of a biomedical engineer and a consistent oxygen source. Consequently, we continue to use our « dear legacy machine » while implementing other safety measures.
We have specialized surgeons, a complete and qualified anesthesia team, and experienced theater nurses… yet access to the level of care that all this human resource can provide is limited.
In anesthesia, our work is defined by a symbiosis with technology. Our clinical success depends heavily on the reliability of our equipment and the precision of our devices. Yet, this aspect remains undervalued. Consequently, critical technical concepts often remain abstract. A life-saving device may be physically present in the operating room, but its clinical application remains precarious due to a lack of specialized training.
This creates an invisible risk. Throughout the entire continuum of care, patients under our responsibility rely on technology that we must master fundamentally.
One might immediately say that because we are a so-called resource-limited country, the technological and material aspect of our work is not that important. But in my opinion, it is just as important as mastering a technique, the effects of a drug, or a patient’s physiological changes.
So, should we just settle for this? Or should we tell ourselves that a patient treated in a district hospital has the same value as a patient treated in a so-called referral hospital? I believe we must absolutely be part of the global conversation on HealthTech and innovation, because our patients’ safety should no longer be limited by our environment
La version en français suit…
Lorsqu’on parle de « Patient Safety » en Afrique ou au Cameroun, on évoque essentiellement la communication, les checklists, la prévention des infections, le renforcement des capacités des personnels, la collecte des données et ce type de choses. Mais on évoque rarement le volet technologique et l’ingénierie, surtout dans le domaine de l’anesthésie. En anesthésie, notre travail dépend en majeure partie de la fiabilité du matériel, des appareils et de leur utilisation ; mais on y met très peu d’accent.
Conséquence, il y a beaucoup de notions abstraites qu’on ne voit pas. Le matériel ou l’appareil peut être disponible, mais l’utilisation est précaire par manque de formation. Ce qui constitue un risque pour la protection des patients que nous sommes supposés protéger dans toute la chaîne de soin et tant qu’il est sous notre responsabilité.
J’en ai fait l’expérience directe dans un hôpital de district. Nous utilisions une « machine d’anesthésie » qui datait d’une certaine époque mais qui « faisait le job », c’est-à-dire qu’elle permettait de réaliser la narcose nécessaire pour une anesthésie générale. Avec le leadership du top management, nous avons pu acquérir une machine plus moderne. Seulement, nous ne pouvons toujours pas l’utiliser parce que cette machine a besoin de l’avis expert d’un ingénieur biomédical et d’une source d’oxygène conséquente. Résultat, nous continuons à utiliser notre « très cher vestige » tout en mettant en place d’autres mesures de sécurité.
Pourtant, nous avons des chirurgiens spécialisés, une équipe d’anesthésie complète et qualifiée, des infirmiers de bloc expérimentés… mais l’accès au niveau de soins que peut fournir toute cette ressource humaine est limité par l’insuffisance de machines et de matériels adaptés.
On pourrait d’emblée dire que parce que nous sommes un pays dit à ressources limitées, l’aspect technologique et matériel de notre travail n’est pas si important. Mais à mon avis, c’est tout autant important que de maîtriser une technique, les effets d’un médicament ou les modifications physiologiques d’un patient.
Alors, doit-on se contenter de cela ? Ou doit-on se dire qu’un patient pris en charge dans un hôpital de district a la même valeur qu’un patient pris en charge dans un hôpital dit de référence ? Je pense que nous devons impérativement faire partie de la conversation mondiale sur la HealthTech et l’innovation, car la sécurité de nos patients ne doit plus être limitée par notre environnement.